Depuis février 2026, la France a défini une nouvelle feuille de route énergétique : la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, ou PPE 3 puisqu’il s’agit de la 3ème édition. Derrière ce sigle technique se cache en réalité un plan qui va toucher le quotidien énergétique de tous les Français. Nous décryptons pour vous les informations essentielles de ce plan.
La PPE 3 : un plan pour décarboner l’énergie française ?
La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) est un document qui fixe les grandes orientations de la France en matière d’énergie pour les dix prochaines années, de 2025 à 2035. Il répond à trois grandes enjeux : réduire la consommation énergétique, améliorer la production française et garantir une alimentation électrique pour tous.
Comment consommer moins et mieux ?
Le premier grand chantier s’oriente autour de la sobriété. La France veut réduire sa consommation d’énergie de 38 TWh par an d’ici 2030, soit un effort massif à l’échelle nationale.
Pour y arriver, le plan mise sur deux leviers principaux : les logements et le chauffage.
Les 2 leviers pour une consommation plus sobre
- Les logements.
L’objectif est de rénover 700 000 logements par an, dont 250 000 rénovations dites « d’ampleur ». Ainsi, la PPE3 mise avant tout sur les rénovations globales portant sur les bâtiments résidentiels et les systèmes de chauffage. À la clé : des factures qui baissent et des maisons plus confortables.
- Le chauffage.
C’est peut-être le changement le plus visible pour les particuliers. La chaudière au fioul est amenée à disparaitre. Le parc de chaudières à gaz doit être réduit de 20 % d’ici 2030 pour les bâtiments du tertiaire. Les particuliers auront quant à eux jusqu’à 2035 pour passer à un autre mode de chauffage. Et sur cette transition de mode de chauffage, la PPE 3 incite à l’électrification. Les pompes à chaleur électriques sont en effet désignées comme la solution de remplacement prioritaire. Ces appareils électriques consomment trois fois moins d’énergie qu’une chaudière classique. L’ambition est donc claire : en produire 1 million par an dès 2027.
L’électrification de la mobilité
Le transport est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France. La PPE 3 inscrit l’électrification de la mobilité comme l’un des vecteurs essentiels de la transition. Le moteur électrique consomme trois à quatre fois moins d’énergie qu’un moteur thermique, ce qui en fait un levier d’efficacité énergétique aussi puissant qu’environnemental.
Au-delà des véhicules particuliers, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie encourage également l’électrification des flottes professionnelles, des transports en commun et de la mobilité douce. L’objectif est de faire de l’électrique la norme, pas l’exception.
Produire une électricité plus propre
La feuille de route de la PPE 3 maintient la trajectoire nucléaire française tout en accélérant le développement des énergies renouvelables. En 2030, le mix électrique se composera ainsi : 62 % de nucléaire et 34 % d’énergies renouvelables. En 2035, la part des renouvelables devra atteindre les 40 %.
Concrètement, cela se traduit par trois grandes filières en développement :
Le photovoltaïque
Les panneaux solaires vont continuer à se multiplier. La France devrait passer de 19 GW installés en 2023 à 48 GW en 2030. Toutefois, la programmation pluriannuel de l’énergie introduit une mesure de prudence jusqu’en 2028. Cette limite vise à préserver l’équilibre du réseau électrique le temps de s’assurer qu’il a la capacité d’absorber cette énergie intermittente.
L’éolien terrestre
Concernant l’éolien, la PPE 3 opte pour une stratégie de consolidation. L’objectif est d’atteindre 31 GW en 2030 contre 21,9 GW en 2023. La priorité sera donnée au renouvellement des vieux parcs en remplaçant les anciennes éoliennes par des modèles plus puissants et plus silencieux.
L’éolien en mer
Cette filière est celle qui va connaître la plus forte croissance : de presque rien aujourd’hui (0,84 GW), la France vise 3,6 GW en 2030 et 15 GW en 2035. Un bond spectaculaire, rendu possible par les grandes fermes d’éoliennes qui commencent à s’installer au large des côtes.

Garantir la sécurité d’approvisionnement
Plus les énergies renouvelables prennent de place dans le mix électrique, plus la question de l’équilibre entre production et consommation devient critique. Le soleil ne brille pas la nuit. Le vent ne souffle pas toujours. Un système électrique moderne doit donc être capable de gérer cette variabilité en temps réel.
Jusqu’ici, la réponse consistait principalement à maintenir des capacités de production thermique pilotables. La PPE 3 propose une approche plus simple : développer des flexibilités à la fois côté production et côté consommation.
Pourquoi la flexibilité devient un enjeu stratégique
La flexibilité de production, c’est la capacité à moduler l’électricité qu’on injecte dans le réseau. Les barrages hydrauliques en sont l’exemple historique : on ouvre ou on ferme les vannes selon les besoins.
Mais la flexibilité de consommation va plus loin. Plutôt que de produire plus en période de tension, on agit sur la demande. On décale, on réduit temporairement certains usages de quelques minutes. Concrètement, cela signifie que votre chauffe-eau se remplit pendant les heures creuses, que votre borne de recharge électrique s’active la nuit lorsque l’électricité est abondante, ou que des équipements industriels réduisent leur consommation pendant les pics de tension du réseau. Ces comportements, coordonnés à grande échelle, s’avèrent être un outil de régulation très efficace.
L’État veut développer massivement ces usages, notamment en rendant les tarifs attractifs aux heures où l’électricité est abondante. L’objectif est d’atteindre 6,5 GW d’effacement (ou flexiblité de consommation) d’ici 2030. Concrètement, il s’agit de la capacité à réduire instantanément la consommation de millions d’appareils connectés pour éviter les surcharges du réseau.
Investir dans la rénovation du réseau électrique
Ce nouveau système nécessite de moderniser les lignes électriques qui transportent l’énergie jusqu’aux foyers. Pour répondre à cet enjeu de modernisation, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3) acte une enveloppe d’investissements de 100 milliards d’euros pour le réseau de transport d’électricité d’ici 2040. Ajoutant à cela, une augmentation de 25 % des investissements dans la distribution électrique.
- Raccorder les nouvelles capacités de production renouvelable
- Moderniser les infrastructures vieillissantes
- Renforcer la résistance du système face aux aléas climatiques
Ce que la PPE 3 va changer concrètement pour les professionnels et les ménages
La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3) crée un environnement réglementaire et économique favorable aux actions de décarbonation que ce soit pour les entreprises ou les ménages.
- Pour les entreprises :
Les entreprises du tertiaire soumises au Dispositif Eco Energie Tertiaire (DEET) disposent désormais d’une feuille de route claire pour leurs travaux de rénovation. Par ailleurs, les filières des énergies renouvelables, des pompes à chaleur, de flexibilité électrique bénéficient d’une visibilité de long terme sur les volumes à déployer. - Pour les ménages :
La PPE 3 reconnaît explicitement que les besoins d’investissement pour la décarbonation sont importants et nécessitent des mesures d’accompagnement. Les dispositifs d’aides à la rénovation et au remplacement des systèmes de chauffage seront maintenus et potentiellement renforcés. En matière tarifaire, des travaux sont conduits pour mieux positionner les plages d’heures creuses/heures pleines. L’objectif à terme est de proposer aux foyers équipés d’une pompe à chaleur pilotable, d’un chauffe-eau connecté ou d’une borne de recharge intelligente de bénéficier d’offres tarifaires valorisant leur flexibilité.
Dans ce contexte, les solutions de pilotage et de flexibilité électrique ont vocation à prendre une place croissante dans le système énergétique français. Elles permettent d’adapter certains usages aux besoins du réseau, sans renoncer au confort. C’est notamment sur ce terrain que s’inscrivent des acteurs comme Voltalis.