06 juillet 2020 Transition énergétique

La programmation pluriannuelle de l’énergie ou PPE est le bras armé de la transition énergétique en France. La PPE fixe les mesures et les actions qui permettront à la France de décarboner les filières liées à l’énergie et d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Que ce soit la production, la distribution ou la consommation, la PPE adresse tous les sujets liés à l’énergie.

La programmation pluriannuelle de l’énergie : qu’est-ce que c’est ?

Stratégie française pour l'énergie et le climat

Instituée par l’article 176 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est véritablement née en 2018. Dans le cadre de la transition énergétique, c’est un outil de pilotage de la politique énergétique de la France. Elle est complémentaire de la stratégie nationale bas-carbone (2015) et constitue un élément majeur de la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Elle détaille les priorités assignées au secteur de l’énergie pour les 10 années à venir. La PPE porte sur deux périodes de 5 ans, 2019-2023 et 2023-2028, avec des objectifs intermédiaires. Elle fixe le cap à suivre pour toutes les filières énergétiques françaises afin de constituer un futur mix énergétique plus durable et plus écologique.

En effet, la maîtrise et la transformation de la production, comme de la consommation d’énergie, sont les éléments clés pour réussir la transition énergétique. La programmation pluriannuelle de l’énergie et ses révisions reprennent la plupart des objectifs assignés par la loi LTECV. Elle se concentre sur les moyens à mettre en œuvre et les nouvelles solutions envisagées pour les atteindre. La PPE s’attache en particulier à traiter la politique énergétique de la France avec une vision d’ensemble.
L’objectif principal ? Décarboner la production et les usages ainsi que réduire la consommation finale d’énergie.

Les objectifs chiffrés de la programmation pluriannuelle de l’énergie

  • Atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 en réduisant les émissions de CO2 de 40% entre 1990 et 2030,
  • Réduire la consommation primaire des énergies fossiles de 20% en 2023 et de 35% en 2028 par rapport à 2012,
  • Réduire la consommation énergétique finale de 7,6% en 2023 par rapport à 2012. Puis de 16,5% en 2030 et de 50% en 2050  (projet révisé en janvier 2020). Comment ? En améliorant l’efficacité énergétique dans tous les secteurs (logements et bâtiments, transports, industries…),
  • Amener la part des énergies renouvelables à 33% de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;
  • Baisser à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2035. Et mettre en oeuvre la fermeture de 14 réacteurs nucléaires à cette date.
  • Réduire de 11,5 % la consommation d’énergie dans le secteur des transports, via la mobilité propre.

Bon à savoir : tous les secteurs n’ont pas le même impact sur la consommation finale d’énergie. Selon l’ADEME, en 2018, le plus gros consommateur est le secteur « résidentiel et tertiaire » (45%). Puis viennent les transports (32,4%), l’industrie (19,5%) et enfin l’agriculture (3,1%).

2023 : point d’étape essentiel de la programmation pluriannuelle de l’énergie

La programmation pluriannuelle de l’énergie propose des mesures concrètes en faveur des économies d’énergies et de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. A l’horizon 2023, elle fixe, entre autres, les objectifs suivants :

  • La rénovation énergétique de 2,5 millions de logements en plus par rapport à fin 2018,
  • Le remplacement de 1 million de chaudières au fioul et de 10 000 chauffages au charbon par des solutions plus efficientes,
  • L’équipement de 9,5 millions de logements avec un appareil de chauffage au bois plus performant,
  • Raccorder à un réseau de chaleur plus de 3,4 millions d’équivalents logements,
  • 1,2 million de véhicules électriques de particuliers en circulation (électriques et hybrides rechargeables). Et l’installation de 100 000 bornes de recharge réparties sur le territoire,
  • Faire bénéficier à 1 million de Français d’une aide pour s’équiper d’un véhicule propre (en cumulé),
  • 20 000 camions fonctionnant au gaz en circulation,

Développer les énergies renouvelables et décarboner le secteur de l’énergie

Selon la synthèse de la programmation pluriannuelle de l’énergie, l’électricité représentait 27 % de la consommation finale d’énergie en 2018, soit 439 TWh. À l’échéance 2030, les énergies renouvelables (EnR) doivent représenter 40% de la production d’électricité en France. À la même date, les EnR devront également représenter 10% de la consommation finale de gaz, 15% de la consommation de carburant et 38% de la consommation de chaleur !

Pour cela, la PPE fixe des objectifs clairs en matière de développement des énergies renouvelables et de récupération (ENR&R) : porter la capacité installée de 48,6 GW fin 2017 à 73,5 GW en 2023 puis entre 101 et 113 GW en 2028. Il s’agit notamment de développer les filières de l’éolien (+ 12,5 GW installés en 2023 vs 2017), de l’hydroélectrique (+ 1,2 GW) et le photovoltaïque (+ 10,5 GW). De même pour la production de froid renouvelable et de chaleur renouvelable (qui dépend encore à 40% du gaz comme source d’énergie). L’objectif est d’atteindre environ 200 TWh de chaleur renouvelable en 2023. Toutes ces actions devraient permettre à la France d’augmenter la production des EnR de 70% en 10 ans, en passant de 290 TWh à 490 TWh !

Le saviez-vous ? Selon le Ministère de la Transition Écologique, en 2017, le charbon fournit seulement 1,18 % de la consommation nationale d’électricité. Mais il génère près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique ! C’est pourquoi l’arrêt total des dernières centrales à charbon françaises est programmé pour 2022.

Optimisation et sécurité de l’approvisionnement énergétique

On retrouve également dans les programmations pluriannuelles de l’énergie, les problématiques liées à la sécurité de l’approvisionnement électrique et celle des réseaux. Le but est de développer les réseaux intelligents de demain. Ces derniers vont devoir notamment supporter les risques de déséquilibres liés à l’intermittence des énergies renouvelables.
Dans l’avenir, les réseaux devront également s’adapter aux nouveaux usages comme les véhicules électriques, l’autoconsommation ou le stockage. Pour assurer l’équilibre production-consommation électrique en temps réel du réseau, la PPE souligne le rôle essentiel de la flexibilité comme du pilotage de la demande et notamment celui de l’effacement de consommation électrique. L’objectif ? Développer 6,5 GW de capacité d’effacement à l’horizon 2028, avec un objectif intermédiaire de 4,5 GW en 2023.

En parallèle, les programmations pluriannuelles de l’énergie développent une véritable politique industrielle en faveur du stockage d’électricité à grande échelle. Ce stockage peut prendre la forme de barrages hydrauliques (avec les stations STEP) ou de batteries de grande capacité. Elle vise également le développement de productions plus locales, comme par exemple les solutions d’autoconsommation, résidentielles et collectives. Pour 2023, la PPE prévoit ainsi l’installation de 200 000 sites d’autoconsommation en photovoltaïque, dont 500 en collectif.

Favoriser la baisse de la consommation énergétique globale

Un enjeu fort de la PPE est également de favoriser la sobriété énergétique en aidant à réduire la consommation finale d’énergie dans tous les secteurs. On peut citer le bâtiment, l’industrie, les transports, les collectivités territoriales et les services de l’État ou encore les particuliers. Une des mesures principales de la PPE est de « donner un juste prix au carbone dans toute l’économie ».
Mais l’objectif clé est surtout d’améliorer l’efficacité énergétique, notamment via le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Au-delà des politiques d’incitation à la rénovation, les PPE doivent également permettre de mieux maîtriser la consommation. On l’a vu, le logement est un des principaux consommateurs finaux d’énergie. De nombreux outils existent pour aider les consommateurs (particuliers et professionnels) à mieux comprendre, piloter et maîtriser leurs consommations énergétiques. Le simple fait de savoir ce que l’on consomme – et comment on consomme – permet de réaliser des économies d’énergie substantielles et de limiter les gaspillages.

La programmation pluriannuelle de l’énergie offre donc un cadre solide et fixe des objectifs ambitieux pour la stratégie énergétique de la France des 10 années à venir. Afin d’améliorer la programmation et de l’adapter à l’évolution de la situation, un bilan sera effectué chaque année. Reste à savoir si les objectifs à l’horizon 2028 seront atteints, voire dépassés !

Bon à savoir : la solution d’effacement diffus de consommation électrique de Voltalis est véritablement au cœur de la stratégie des PPE. Elle permet de limiter le recours à des centrales thermiques polluantes et offre aux particuliers chauffés au tout électrique des outils pour suivre leur consommation et faire encore plus d’économies d’énergie. Profitez-en !

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