04 août 2020 Économies d'énergie

L’autoconsommation électrique consiste à produire et consommer sa propre électricité. Encadrée en France par une loi de 2017, l’autoconsommation solaire ou photovoltaïque des particuliers reste la plus répandue. Elle permet aux foyers d’alléger leur facture d’électricité tout en s’engageant dans les énergies renouvelables et la transition énergétique. Mais alors comment faire pour passer à l’autoconsommation photovoltaïque ? Dans quelle mesure est-ce rentable ?

L’autoconsommation électrique : quelle définition ?

Comme il est possible de faire pousser des légumes dans un jardin, il est aujourd’hui possible de produire de l’électricité chez soi à partir d’énergies renouvelables. De cette manière, le consommateur substitue l’électricité achetée à un fournisseur par de l’énergie « potagère » dont il est le producteur. Cette énergie peut être d’origine éolienne, hydraulique ou solaire.

En général, les particuliers s’orientent vers de l’autoconsommation solaire photovoltaïque : c’est la moins coûteuse et la plus facile à mettre en place. Ils peuvent faire cela seuls ou à plusieurs. Lorsqu’un seul foyer décide d’installer des panneaux solaires sur son toit, on parle d’autoconsommation solaire individuelle. Si plusieurs habitants et/ou entreprises géographiquement proches s’associent, on parle alors d’autoconsommation collective. Mais cette dernière est assez contraignante à mettre en œuvre. Dans l’Hexagone, jusqu’en 2017, le cadre légal rendait assez difficile la mise en œuvre de l’autoconsommation collective.

Les chiffres sont d’ailleurs parlants en dépit de dispositions juridiques désormais plus adaptées. Selon Enedis, le gestionnaire de réseau d’électricité basse et moyenne tension, on ne recense que seize dispositifs actifs d’autoconsommation collective en France à la mi-2019. En revanche, l’autoconsommation individuelle est bien plus courante. En 2017, elle avait déjà séduit près de 30 000 foyers français. C’est toutefois une filière amenée à se développer rapidement. En effet, les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie visent l’installation de 200 000 sites d’autoconsommation en photovoltaïque, dont 500 en collectif dès 2023.

L’autoconsommation solaire : est-ce rentable ?

D’après une enquête d’Harris Interactive pour Enedis : « Près d’1 Français sur 2 fait preuve d’une appétence pour la production d’électricité à domicile (48%) ». Cependant beaucoup craignent un investissement de départ trop important pour la mise en oeuvre d’un projet d’autoconsommation solaire. Or l’autoconsommation solaire est un moyen écologique de faire durablement baisser ses factures d’électricité.

Comment est calculée la puissance d’une installation solaire ?

La puissance totale d’un panneau photovoltaïque est exprimée en kilowatt-crête (kWc). Elle est calculée en laboratoire et donne la quantité maximale théorique de kWh que peut produire un kit solaire dans des conditions optimales. Ces conditions sont : une orientation plein sud, une inclinaison à 30° et une température extérieure de 25°. Le kW crête permet donc de comparer les panneaux solaires et les kits solaires entre eux, en fonction de leur puissance.

Concrètement, la production moyenne d’un panneau photovoltaïque de 1 kWc est de 800 à 1400 kWh par an selon sa qualité, son exposition et surtout sa région d’implantation. Bien entendu, le rendement d’une installation d’autoconsommation solaire sera plus élevé dans le Sud de la France. Mais même dans le Nord et l’Est, une installation peut-être rentabilisée !

Exemples de production annuelle d’une installation photovoltaïque en France :

Puissance de l’installation
(en kilowatt crête)
Production annuelle moyenne
(en kWh, variable selon la région)
1 kWc950 kWh
2 kWc1900 kWh
3 kWc3 200 kWh
4 kWc4 100 kWh

Par exemple, une installation d’autoconsommation située à Bordeaux et de 3 kWc de puissance peut produire entre 3 300 et 3 600 kWh par an. Pour une maison de 100m² chauffée à électricité qui consomme en moyenne 18 000 kWh/an, cela représente une économie de près de 20%. Et pour un autre maison, non chauffée à électricité et qui affiche une consommation d’environ 1 900 kWh/an, on parle d’un surplus de 1 500 à 1 700 kWh à revendre, soit 150 à 170€ annuels.

Combien coûte une installation solaire en autoconsommation ?

Difficile à dire, puisque chaque fabricant et installateur sont libres de pratiquer les tarifs qu’ils souhaitent. Cependant, on peut estimer le coût d’un kit solaire et de sa pose. En comptant l’achat du matériel (panneaux solaires, onduleur, etc.), la main d’œuvre et la contribution au coût de raccordement au réseau, une installation de 3 kWc (Kilowatt crête) coûte généralement entre 8 000 et 11 000 €. Attention, les coûts peuvent sensiblement varier selon le type de pose choisi (intégration au bâti ou intégration en surimposition), la hauteur, l’inclinaison et le revêtement de votre toit (tuiles, ardoises, chaume…). A savoir également, plus la surface à recouvrir de panneau est est étendue (par exemple 6 ou 9 kWc), plus les coûts baissent.

Des aides pour financer vos panneaux solaires

Vous pouvez parfois réduire le coût de votre installation grâce à des aides directes de votre région, département ou commune. Vous pouvez également bénéficier de la prime à l’autoconsommation photovoltaïque, une aide de l’État destinée à favoriser le développement du photovoltaïque. Cette prime est variable en fonction de la puissance de l’installation et elle est versée sur les 5 premières années de son fonctionnement (1/5 chaque année). Par exemple, pour une structure de 3 kW crête, elle est de 390 € par kWc, soit un total de 1 170 € qui viendront en déduction du coût d’installation.

Tableau récapitulatif de la prime à l’autoconsommation photovoltaïque :

Puissance de l’installationMontant de la prime
(en € / kilowattheure crête)
Inférieure ou égale à 3 kWc390 € / kWc
Entre 3 et 9 kWc290 € / kWc
Entre 9 et 36 kWc190 € / kWc
Entre 36 et 100 kWc90 € / kWc
Source : economie.gouv.fr

Bon à savoir :  ne pas confondre kW crête et kWh cumac ! Le kilowatt crête exprime une puissance alors que le kilowattheure cumac (kWhc) est l’unité de mesure d’un volume d’énergie notamment utilisée dans le cadre des Certificats d’Economies d’Energie (CEE). Le terme Cumac provient de la contraction des mots « cumulés » et « actualisés ». Ainsi, les « kWh Cumac » permettent, pour le calcul des CEE, d’exprimer la valeur financière des kWh d’énergie économisés sur la durée de vie d’un produit.

Autoconsommation d’électricité : un prix du kWh très économique

Malgré l’investissement, l’autoconsommation permet aux ménages de faire des économies sur la longue durée. En effet, l’électricité potagère est bien moins chère que celle vendue par les fournisseurs d’énergie. C’est ce qu’explique Philippe Blanc, directeur de recherches à Mines Paris Tech, dans une interview à France Culture : « Ces 7 000 euros [coût total d’installation] sur 20 ans vont produire une énergie qui va me revenir 9 centimes par kWh. 1 kWh que j’achète au réseau […] me coûte entre 15 et 18 centimes par kWh. ».

La vente du surplus d’électricité

En plus d’une énergie verte directement consommée et qui revient très peu cher, les kWh non utilisés peuvent être revendus. Le tarif de rachat d’EDF OA (EDF Obligation d’Achat) est garanti 20 ans : depuis 2017, il est de 0,10 € / kWh pour une installation inférieure à 9 kWc et de 0,06 € / kWh pour une installation comprise entre 9 kWc et 100 kWc. L’autoconsommation avec revente du surplus permet ainsi de générer des revenus qui font encore baisser le montant des factures d’électricité.

En revanche, question rentabilité, il ne faut pas compter sur les systèmes de stockage. A l’heure actuelle, l’électricité se stocke encore très mal. Même si les prix ont tendance à diminuer d’année en année, les batteries restent encore très chères et font rapidement grimper le prix de l’électricité à plus de 0,26 € / kWh.

Autoconsommation et gestionnaire d’énergie : le duo gagnant pour diminuer ses factures

Le meilleur moyen de rentabiliser vos panneaux photovoltaïques et de réduire vos dépenses reste de consommer l’énergie solaire au moment où elle est produite. D’après Enedis, l’autoconsommation d’électricité peut couvrir environ 20% des besoins d’un foyer. Mais en modifiant un peu ses habitudes de consommation, il est possible de bénéficier davantage des atouts de l’autoproduction.

Pour ce faire, il existe des gestionnaires d’énergie. Il s’agit de boîtiers faisant le lien entre vos appareils électriques et vos panneaux solaires. En fonction de l’ensoleillement, ils évaluent en temps réel la production des panneaux. Ces boîtiers intelligents peuvent déclencher au bon moment certains de vos appareils électriques dont la consommation est flexible, comme votre chauffe-eau, votre lave-vaisselle ou la charge de votre véhicule électrique par exemple. Très pratiques et efficaces, ces dispositifs de pilotage de la consommation vous permettent de mieux utiliser votre propre production et de réduire vos factures d’électricité jusqu’à 50%.

Autoconsommation solaire : quelles perspectives pour demain ?

L’autoconsommation solaire, encore minoritaire en France, pourrait exploser dans les années à venir. Elle répond, en effet, à un enjeu économique et écologique. D’un point de vue environnemental, elle peut aider la France à atteindre l’objectif de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale en 2030. Et ce d’autant plus que l’autoproduction devient vraiment compétitive. Les tarifs de l’électricité ne cessent d’augmenter alors que le prix des panneaux solaires diminue chaque année ; d’où l’intérêt d’un nombre croissant de consommateurs… À terme, selon un scénario de RTE datant de 2017, à horizon 2035, ce sont 3,8 millions de Français qui pourraient bel et bien produire leur électricité à partir de différentes sources d’énergies renouvelables.

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