26 octobre 2022 Actualités de l'énergie

Les prix de l’énergie, de l’électricité notamment, paraissent hors de contrôle en Europe. Et la situation ne semble pas devoir s’améliorer dans un proche avenir. Outre les tensions internationales, la France doit aussi faire face à des crises internes qui touchent à la fois l’énergie mais également le pouvoir d’achat des Français. Pour pallier ces difficultés, l’Etat prévoit des aides et des appels à la sobriété collective ont été communiqués. Mais quels prix les Français et les Européens paient-ils exactement lorsqu’ils consomment de l’électricité ?

Quel est le prix de l’électricité pour les ménages français ?  

État des lieux

Contrairement à ce que l’on entend fréquemment, la hausse des prix de l’électricité n’est pas uniquement due à la guerre en Ukraine. Les tarifs avaient en effet commencé à grimper bien avant, à la suite de la levée des mesures restrictives imposées pendant la crise du Covid-19. L’activité économique a en effet repris plus vite et plus fort que prévu, ce qui a entraîné surchauffe et déséquilibre. Dès l’automne 2021, les consommateurs français avaient déjà fait face à de fortes augmentations de leur facture de gaz et d’électricité. Raison pour laquelle les autorités ont dû intervenir pour limiter à 4 % la hausse des prix de l’électricité, en février 2021.

Alors à quoi est due la flambée des prix ? À ce qui faisait hier encore la force de l’Hexagone : son parc de centrales nucléaires, qui habituellement, produit les trois quarts environ de l’électricité consommée dans le pays. EDF a dû en effet arrêter 27 de ses cinquante-six réacteurs, pour maintenance ou pour réparer des problèmes de corrosion. À cela s’est ajouté le manque de vent, qui a réduit l’apport des éoliennes, et les faibles pluies, qui ont pénalisé les barrages hydrauliques. En 2022, la production d’électricité devrait être de 280 à 300 térawattheures (TWh), alors qu’elle était, à titre de comparaison, de 393 TWh en 2018.

Conséquence : EDF ne peut pas fournir l’électricité qu’elle a déjà vendue à ses clients. Cette situation étant accentuée par la hausse du tarif de l’ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), dispositif qui contraint EDF à vendre aux fournisseurs alternatifs jusqu’à 120 TWh d’électricité d’origine nucléaire au prix fixe de 42€/MWh – jusqu’à la prochaine révision en janvier 2023. L’entreprise est dès lors obligée d’en acheter sur le marché de gros européen, pour honorer ses engagements. C’est également sur ce marché que les concurrents d’EDF et d’Engie doivent se fournir. Or, le prix d’un mégawattheure (MWh) y est passé de 85 euros mi-2021 à plus de 1 000 euros un an plus tard.

Et c’est là que le conflit en Ukraine entre en jeu…. En effet, la majorité des pays de l’UE produisent leur électricité via des centrales qui fonctionnent au gaz (ou au charbon). Le prix de l’électricité évolue donc en fonction de celui du gaz. Quand le prix du gaz augmente, celui de l’électricité augmente de facto. Or, l’Union européenne ayant décidé de se passer du gaz russe, son premier fournisseur, le gaz est devenu plus rare et donc beaucoup plus cher. Concrètement, le prix du kWh d’électricité en France pour les particuliers (tarif réglementé d’EDF) était, en septembre 2022, de 0,1841 euro en heure pleine. Et il y a fort à parier que ce prix continue d’augmenter dans les mois à venir.

Mesures envisagées pour endiguer la hausse des prix

Pour faire face à ces fortes augmentations et protéger les Français, les Autorités ont mis en place un bouclier tarifaire, à l’automne 2021. C’est grâce à ce dispositif que le tarif réglementé de l’électricité a seulement augmenté de 4 % en février 2021, contre une hausse probable de 35 à 45 % sans lui. Malheureusement pour les consommateurs, ce bouclier ne pourra pas les protéger indéfiniment, pour des raisons budgétaires évidentes. Ou tout au moins sous sa forme actuelle. Le gouvernement a en effet annoncé sa prolongation, tout en annonçant des augmentations, de 15%, dès février 2023, sachant que des rattrapages sont également à prévoir dans les prochaines années. Les hausses les plus modérées s’appliqueront aux foyers les plus modestes, les plus fortes aux foyers qui peuvent y faire face.

Malgré ces augmentations supérieures à celle de 2021 (4 %), ce « nouveau » bouclier énergétique devrait permettre d’éviter un doublement des prix de l’énergie. D’autres habitants du continent européen devront quant à eux acquitter de factures multipliées par deux, par trois et parfois davantage encore.

Le gouvernement entend également inciter les Français à faire des économies. Son objectif, annoncé dès 2020, est de faire baisser de 10 % la consommation d’énergie du pays. Pour ce faire, il compte montrer l’exemple en limitant, par exemple, à 19 °C la température dans les ministères pendant l’hiver. Ou en ne climatisant pas en dessous de 26° C, pendant l’été. Les entreprises, les établissements commerciaux qui accueillent du public et les acteurs du bâtiment doivent également être mobilisés pour limiter leur consommation d’énergie.

Quant aux particuliers, ils sont appelés à agir sur le chauffage, sur la climatisation, sur la lumière, les appareils électroménagers, etc. À ce titre, les solutions technologiques telles que le dispositif Voltalis peuvent contribuer à réduire la consommation électrique des foyers et leur permettre de réaliser des économies.
En marge de ces mesures de bon sens, la rénovation énergétique des logements doit elle aussi être encouragée. Par exemple, un appartement bien isolé est deux fois moins énergivore. L’Union européenne aimerait quant à elle plafonner les prix du gaz et de l’électricité. Certains pays, l’Allemagne en particulier, sont cependant opposés à cette mesure, que la France soutient au contraire.

Pourquoi le prix de l’électricité reste-t-il encore bon marché en France ?

Le nucléaire tricolore n’est malheureusement plus ce qu’il était ! Pour autant, il autorise une autonomie énergétique que n’ont pas les pays qui produisent exclusivement leur électricité avec du gaz importé. En 2021, le prix de l’électricité en France était inférieur au tarif moyen de l’Union européenne, tandis que l’Allemagne affichait le prix le plus élevé. En 2022, la hausse des prix de l’électricité dans l’Hexagone demeure en moyenne inférieure à celles constatées ailleurs sur le continent. Les réacteurs nucléaires encore en service produisent une électricité meilleur marché que celle issue de centrales alimentées au gaz. EDF doit en revanche compenser la production des réacteurs à l’arrêt par de l’électricité achetée au prix fort sur le marché. Ce qui provoque une forte hausse du coût du MWh, le prix du gaz atteignant des sommets.
En outre, il existe en France un tarif réglementé de l’électricité, qui modère les hausses et la volatilité. Tarif qui fait défaut dans nombre d’autres pays, où les prix de l’électricité fluctuent selon les cours du marché. Résultat : lorsque les prix sont très bas sur ce même marché, les consommateurs européens en profitent, contrairement aux Français. À l’inverse, ces derniers sont mieux protégés que ceux-là lorsque les tarifs flambent, comme c’est le cas actuellement.

Les prochains mois sont incertains. L’État et EDF envisagent d’éventuelles tensions sur le réseau, voire des coupures en cas de températures très froides durant l’hiver.
Pour autant, EDF prévoit une remise en service progressive de ses réacteurs défaillants au cours de l’hiver 2022-2023. Si l’opérateur y parvient, il ne devra plus acheter à l’étranger l’électricité qui lui fait défaut et pourra fournir intégralement l’Hexagone. Il pourra même, sans doute, exporter à nouveau. Reste un enjeu pour le Gouvernement français : parvenir à convaincre ses partenaires de décorréler le prix de l’électricité de celui du gaz. Certains y sont favorables, d’autres y sont farouchement opposés.

Quel sont les prix de l’électricité pour les particuliers en Europe ?

Selon les données fournies par Eurostat pour le premier semestre 2021 (prix nationaux moyens, taxes et tous prélèvements compris), les tarifs de l’électricité variaient très fortement d’un pays à l’autre de l’Union européenne. Revue de détail.

En Allemagne

L’Allemagne affichait le tarif le plus élevé de toute l’Union européenne. Les foyers du pays devaient ainsi acquitter 0,3193 euro pour chaque kWh d’électricité consommé. L’électricité y est principalement (à presque 43,8 %) produite grâce aux énergies fossiles — lignite, gaz naturel, charbon — et aux énergies renouvelables (40,5 %).

En Italie

Le tarif de l’Italie se situait légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne. Les clients particuliers transalpins devaient ainsi payer 0,2259 euro par kWh. L’électricité ne couvrait, en 2019, que 21,3 % de la consommation finale d’énergie du pays, contre 54 % en France (2020). Elle était à 67,8 % produite avec des énergies fossiles. À noter : l’Italie était en 2019 le deuxième pays importateur d’électricité au monde.

En Espagne

L’Espagne affichait un prix du kWh d’électricité très légèrement supérieur à la moyenne européenne (0,2322€), à 0,2323 euro. L’électricité y était produite, en 2019, à 40,5 % avec des énergies fossiles, à 37,8 % avec des énergies renouvelables et à 21,4 % par l’énergie nucléaire.

Au Portugal

Le prix du kWh d’électricité au Portugal était pour sa part inférieur à la moyenne des tarifs de l’UE, à 0,2089 euro. En 2019, l’électricité ne représentait que 25,5 % de la consommation finale d’énergie du pays. En revanche, plus de la moitié (54,1 %) de l’électricité était produite via les énergies renouvelables.

En Belgique

A contrario, la facture d’électricité des Belges figurait sur le podium des factures les plus élevées, à 0,2702 euro le kWh. En 2021, les deux centrales nucléaires du pays (sept réacteurs) ont produit 52,4 % de l’électricité du pays, le gaz 24,8 % et le solaire et l’éolien 16,7 %.

Au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 janvier 2020. Le prix du kWh d’électricité y était à cette date de 0,2203 euro. C’est-à-dire plus élevé que le tarif moyen de l’UE. Depuis 2021, les factures d’électricité des Britanniques n’ont cessé d’augmenter avec, selon l’OFGEM (régulateur des marchés du gaz et de l’électricité au Royaume-Uni), avec une hausse de 12% en octobre 2021 suivie d’une nouvelle augmentation de 54% en avril 2022, faisant passer la facture énergétique moyenne annuelle d’un foyer britannique d’environ 1 300£ à 2 000£ (environ 1 500€ à 2 300€) ! Bien qu’un plafonnement des tarifs ait été acté par le gouvernement, l’OFGEM a annoncé une augmentation de 80% du tarif sur le marché de gros, qui devrait continuer à impacter les ménages dans les mois qui viennent.

 Dans les pays Scandinaves

Les tarifs de l’électricité étaient sensiblement différents dans chacun des trois pays scandinaves. Le Danemark affichait ainsi le deuxième prix le plus élevé de l’UE, avec un kWh à 0,2900 euro. En Suède, le tarif était de 0,2114 et en Norvège, qui n’est pas membre de l’UE, de 0,1826 euro.

Et dans quelques autres pays de l’Union européenne…

Parmi les autres membres de l’UE, ce sont les pays de l’Est qui, globalement, faisaient payer le moins cher « les électrons » à leurs habitants. Le tarif en Pologne était ainsi de 0,1548 euro, en Roumanie de 0,1536 et en Hongrie de 0,1003. Les Pays-Bas faisaient figure d’exception parmi les États du nord de l’Europe, grâce à un tarif très bas de 0,1281 euro. Au Sud, c’est la Grèce qui proposait l’électricité la moins chère, à 0,1680 euro le kWh.

Les différences de prix de l’électricité sont donc considérables sein de l’Union européenne. Quelle que soit l’année de référence, les Allemands dépensent ainsi trois fois plus que les Hongrois, mais aussi plus de deux fois plus que les Hollandais. La hausse des prix de l’électricité sur tout le continent a des origines très diverses. En France, elle est pour l’essentiel due à l’indisponibilité de plus de la moitié des centrales nucléaires. Avec la remise en service des réacteurs actuellement à l’arrêt, la situation devrait s’améliorer dans les prochaines semaines et les prochains mois. Surtout si l’Hexagone parvient à convaincre ses partenaires européens de découpler les prix de l’électricité et du gaz. Ce qui est loin d’être fait. Ailleurs en Europe, chaque pays a ses particularités. Ceux qui possèdent leurs propres ressources — Norvège, Pays-Bas, Roumanie, Hongrie … — sont mieux armés pour faire face aux turbulences. En revanche, les pays en très forte dépendance des importations, à l’image de l’Italie, sont plus vulnérables. Et au regard de la crise internationale actuelle, il n’est pas certain que les mesures de sobriété prônées par le Gouvernement français suffisent à calmer les inquiétudes et la spéculation. Même si elles ne peuvent être que bénéfiques.

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